» Le combat est lancé, la provocation est lancée, nous allons nous battre, » telle est la réponse cinglante du Ministre d’Etat, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba, face aux gesticulations ce dernier temps des magistrats, caractérisées par la prolifération des communiqués, les uns aussi vides de sens que les autres, dans lesquels ils parlent de tout, sauf de leur responsabilité dans la décadence de la justice congolaise.
Intellos qu’ils sont supposés être, ces magistrats auraient dû garder profil bas et rester bouche cousue, l’affaire se serait réglée dans un cadre légal approprié.
Cet écart de langage dans le chef des magistrats qui sont allés jusqu’à affirmer que le Ministre Mutamba est incapable de faire » un saut qualitatif entre sa qualité d’avocat et ses fonctions de Ministre », dénote de la déliquescence morale et intellectuelle qui a atteint ce corps d’élite.
Nos magistrats ont aussi l’injure facile comme sieur Boketshu et c’est très décevant.
La justice congolaise est malade et tout le monde l’a constaté, mais les magistrats veulent que les responsabilités soient partagées. Plus loin, ils justifient leur part de responsabilités par le fait d’être mal payé et le non versement des fonds invisibles, à l’instar de ce qu’on accorderait aux députés nationaux et sénateurs. Soit.
Ce que les magistrats n’ont pas dit, c’est que les députés et sénateurs ont un mandat, tandis que la magistrature est une carrière. D’où la question suivante : qui est cet agent public de carrière qui est mieux payé aujourd’hui que le magistrat ? Enseignant, infirmier, médecin, policier, militaire, agronome, vétérinaire ?
Autre chose, presque tous les magistrats ont la protection de la police nationale. A supposer qu’un garde de corps policier d’un magistrat se réveille un matin, prend son arme et tire sur les enfants du magistrat. On l’interroge sur le mobile de son acte et il le justifie par le fait qu’il est mal payé. Quel sera le verdict du magistrat instructeur ?
Comme on le voit, justifier la mauvaise administration de la justice par le fait d’être mal payés ne tient pas debout. C’est à la limite ridicule voire diabolique.
Les magistrats doivent savoir que dans leur combat contre le Ministre de la Justice, le peuple congolais n’est pas avec eux. Aujourd’hui, il ne leur reste que deux choix à faire : se repentir ou démissionner.
Le Tonnerre